L’AI affirme l’urgence de la surveillance des droits de l’Homme au Sahara occidental

LONDRES – L’organisation de défense des droits de l’Homme, Amnesty International (AI), a appelé mardi les Nations Unies à surveiller en « urgence » les droits de l’Homme au Sahara occidental afin de mettre fin aux « violations » et à « l’impunité » dont est victime le peuple sahraoui sous l’occupation marocaine.

L’ONG a jugé « urgent » d’accorder la priorité à la surveillance des droits de l’homme et de l’inclure dans la mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum d’autodétermination au Sahara occidental (MINURSO), exhortant le Conseil de sécurité d’en tenir compte, lors du vote la semaine prochaine pour renouveler le mandat de sa présence dans les territoires occupés par le Maroc.

Elle a estimé, dans un communiqué, que l’habilitation de la MINURSO à surveiller les droits de l’homme au Sahara occidental est « cruciale pour que les abus commis par les autorités marocaines soient portés à l’attention du monde, pour désigner les responsables et améliorer le respect des droits de l’homme ».

« La mission de l’ONU au Sahara occidental est la seule opération onusienne de maintien de la paix sans une composante des droits de l’homme. Il y a plus d’un quart de siècle depuis sa création et il est grand temps de mettre à niveau son statut pour lui permettre de faire des rapports sur les violations », a indiqué le communiqué.

Amnesty a souligné avoir constaté tout au long des dernières années, « la montée des violations des droits de l’homme et, en particulier, les restrictions arbitraires imposées aux manifestants pacifiques et aux militants qui soutiennent l’autodétermination pour le Sahara occidental ».

Elle relève également « les violations » des droits des Sahraouis détenus au Maroc à un procès équitable, et la « torture et d’autres mauvais traitements » dont ils sont victimes.

L’organisation cite, à cet égard, le nouveau procès civil des 24 Sahraouis, les défenseurs des droits de l’homme et militants politiques, qu’elle dit suivre de près, rappelant leur condamnation à de lourdes peines de prison suite à un procès militaire « manifestement injuste ».

« Le black-out imposé par les autorités marocaines sur les médias concernant les événements de Gdeim Izik dans lesquels ils sont accusés, et la controverse qui entourait les évènements dans ce camp en 2010, affirment le besoin urgent d’une surveillance impartiale et autorisée des droits de l’homme dans la région », est-il précisé.

L’ONG regrette par ailleurs que l’effectif de la MINURSO a été réduit l’année dernière après l’expulsion par les autorités marocaines de leur personnel civil, dont le personnel du service de déminage, en mars 2016.

Amnesty rappelle que le Sahara occidental est l’un des territoires les plus exposés aux explosions des mines, avec plus de 2 500 décès signalés depuis 1975, d’où la cruciale nécessité du service de déminage.

« Au lieu d’entraver le travail de la MINURSO, les autorités marocaines devraient coopérer pleinement avec la mission afin de s’assurer qu’elle est en mesure de s’acquitter de sa tâche », conclut Amnesty International.


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