Le hacker Chris Coleman démasque un espion américain au service du Makhzen


Le hacker Chris Coleman vient de déterrer un document prouvant qu’un ambassadeur américain, Edward Gabriel en l’occurrence, a pendant longtemps servi d’informateur au Maroc. Edward Gabriel a été ambassadeur des Etats-Unis à Rabat à la fin des années 1990. C’est sans aucun doute à cette période qu’il a été retourné par les services spéciaux marocains.

Durant l’opération de renversement de Mouammar Kadhafi menée par l’Otan et le Qatar en 2011, Edward Gabriel est ainsi identifié comme étant la fameuse source qui informait régulièrement le Makhzen sur les développements de la situation dans la région. Dans l’un de ses mémos, le diplomate américain, qui cite des sources des plus approximatives, avait même accusé des élèves officiers sahraouis d’avoir combattu aux côtés des unités de l’armée libyenne.

Le rôle d’Edward Gabriel ne se limitait pas à refiler des «tuyaux» au gouvernement marocain. A ses heures perdues, il passait le clair de son temps à tresser des lauriers au roi Mohammed VI et sa politique dans la presse marocaine et internationale. Mieux encore, il se faisait à chaque fois un devoir de démonter en pièces les rapports du Département d’Etat dans lesquels le Maroc était traîné dans la boue sur la question des droits de l’Homme au Sahara Occidental occupé. Edward Gabriel se permet parfois même de suggérer au ministère marocain des Affaires étrangères la conduite à tenir à l’égard de l’Administration américaine.

A un moment où toutes les ONG des droits humains de la planète dressent un tableau noir de la situation des droits de l’Homme au Maroc, l’ancien ambassadeur des Etats-Unis à Rabat a soutenu contre vents et marées dans une récente déclaration à un journal marocain que «les réalisations du Maroc dans le domaine des droits de l’Homme méritent sans aucun doute d’être applaudies». Sans la moindre gêne, il a expliqué que les autorités marocaines ont œuvré sans relâche dans le but de consolider les droits de l’Homme dans le pays, «en allant de l’avant dans le cadre d’un processus démocratique robuste». Un diplomate qui défend publiquement les positions d’un pays dans lequel il a eu à servir… du jamais vu dans les annales de la diplomatie, d’autant qu’il s’agit d’un pays qui ne rate pas une occasion pour fouler au pied la légalité internationale.

Et comme par hasard et peu avant la publication de cette déclaration, le ministre délégué aux Affaires étrangères, Nasser Bourita, et Mohamed Yassine Mansouri, directeur général des Etudes et de la Documentation (les services de renseignements extérieurs marocains), avaient convoqué l’ambassadeur des Etats-Unis à Rabat, Dwight Bush… pour lui remonter les bretelles à propos d’un rapport du Département d’Etat sur les exactions commises par le Makhzen au Sahara Occidental occupé illégalement par l’armée marocaine. Lors de cet entretien, dit-on, il avait été exposé à l’ambassadeur américain de supposés cas confirmant «la manipulation avérée et les erreurs factuelles flagrantes qui entachent le rapport du Département d’Etat». Le pire est qu’Edward Gabriel continue toujours de sévir. Il ne rate pas une occasion à chacune de ses interventions publiques à faire une «brosse» magistrale à Mohammed VI. Cela n’étonne pas ! Le Maroc est connu pour rémunérer grassement les félons et autres fripouilles.

Khider Cherif

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