Le poisson du Sahara Occidental envahit le marché israélien

La commercialisation des produits originaires du Sahara Occidental vers l’état sioniste n’est pas une secret de polichinelle. Depuis les années 90, les hommes d’affaires israéliens multiplient les visites aux territoires occupés du Sahara Occidental pour importer certains types de poissons et ses dérivés et aussi pour voir les opportunités d’investissements dans le secteur touristique. 

Ils sont en majorité des israéliens avec double nationalité et les produits qu’ils importent sont destinés pour les marchés israéliens. 

Comme le démontre les photos jointes, l’emballage des boîtes de conserve de sardine est écrit en hébreux et laisse le moindre doute de sa destination. La société de l’exportation de ces boîtes de conserve est basée à Dakhla occupée au Sahara Occidental. 

Faisant une simple lecture, le premier numéro marqué sur l’emballage de sardines de conserve nous a mené à savoir que l’autorisation est accordée à la société ERG CONSERVE qui est une filiale du groupe KING PÉLAGIQUE, une société industrielle de poisson dont le siège est à Dakhla. Son PDG est un homme d’affaires marocain nommé Zebdi et qui n’est que la façade d’une oligarchie militaire et royale, les vrais propriétaires de ces sociétés et grands navires de la pêche qui opèrent et pillent les richesses halieutiques du Sahara Occidental occupé.

Le deuxième numéro sur les canettes indique la société israélienne qui fait l’importation vers le marché israélien. En fait, c’est le numéro de téléphone de NEEMAN LTD, une société basée à Tel Aviv et spécialisée dans la vente et la commercialisation des produits alimentaires dans les marchés israéliens. 

Khalil Asmar


Sahara occidental.: Des deux côtés du mur des sables

Rosa Moussaoui
Lundi, 5 Décembre, 2016
Humanite.fr
Un reportage sonore de Rosa Moussaoui.

Le premier vit à El Ayoun, au Sahara Occidental occupé, annexé en 1975 par le Maroc. La seconde est née dans les camps de réfugiés de Tindouf, au sud-est de l'Algérie. Hassana Abba, 34 ans et Abida Mohamed Bouzeid, 30 ans, vivent de part et d'autre du mur de séparation érigé par le Maroc sur 2700 kilomètres pour isoler les territoires libérés. 

Tous deux luttent pour le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination. Ils appartiennent à cette nouvelle génération de militants attachés à la défense des droits humains, au combat pacifique pour l'émancipation de la dernière colonie d'Afrique. 

De passage à Paris, ils témoignent de leurs conditions de vie, de la frustration d'une jeunesse sans perspectives, de la violence des forces de sécurité marocaines dans les territoires occupés. 

«Le Maroc doit comprendre que les Africains ne sont pas des sujets du Roi»

Le Premier ministre sahraoui, Abdelkader Taleb Omar, a affirmé, hier à Boujdour (camp des réfugiés sahraouis), que «le Royaume du Maroc doit comprendre enfin que les Africains ne sont pas des sujets du Roi et l'Union africaine n'est pas une organisation relevant du makhzen». L'Union africaine (UA) «est une organisation continentale digne de respect, que le Maroc, à l'instar des pays d'Afrique, doit se conformer à son règlement sans espérer la soumettre ni a son contrôle ni a ses désirs», a indiqué M. Taleb Omar à l'ouverture des travaux du 8e congrès de l'Union des travailleurs sahraouis au nom du président de la République arabe sahraouie démocratique (Rasd), secrétaire général du Front Polisario, Brahim Ghali.

Le Premier ministre sahraoui, Abdelkader Taleb Omar, a affirmé, hier à Boujdour (camp des réfugiés sahraouis), que «le Royaume du Maroc doit comprendre enfin que les Africains ne sont pas des sujets du Roi et l'Union africaine n'est pas une organisation relevant du makhzen». L'Union africaine (UA) «est une organisation continentale digne de respect, que le Maroc, à l'instar des pays d'Afrique, doit se conformer à son règlement sans espérer la soumettre ni a son contrôle ni a ses désirs», a indiqué M. Taleb Omar à l'ouverture des travaux du 8e congrès de l'Union des travailleurs sahraouis au nom du président de la République arabe sahraouie démocratique (Rasd), secrétaire général du Front Polisario, Brahim Ghali.

Dans son allocution lors des travaux du congrès ouvert ce matin avec la participation de plus de 600 délégués, il a estimé que «la seule solution est que le Maroc respecte les principes, lois et décisions de l'UA en abandonnant ses méthodes expansionnistes hostiles autrement, il deviendra un Etat hérétique qui viole la Charte de l'Union». Il a précisé à ce propos, que «l'occupation marocaine poursuit ses pratiques criminelles graves à travers la dilapidation des richesses naturelles sahraouies, la multiplication de ses démarches visant à impliquer d'autres partenaires à cette opération illégale et la privation des Sahraouis de leurs droits à la terre et richesses».

Concernant le retrait du Maroc du sommet de Malabo, le Premier ministre sahraoui a souligné que «l'Afrique outre le fait d'avoir adopté la question sahraouie en tant que cause africaine sacrée, a donné une leçon historique au monde depuis Malabo (Guinée équatoriale)». «L'Afrique réunie lors de ce sommet, a affiché une position honorable face aux conspirations, manœuvres et méthodes tortueuses de l'occupant marocain et s'est rangée du côté du droit, de la justice et de la loi», a-t-il renchéri. Il a relevé également que l'Afrique «a opté pour la cohérence en rejetant sans équivoque aucune, toute atteinte à la Charte et principes de l'Union africaine» et «a défendu le droit de la Rasd en tant que membre fondateur de l'Union et réitéré son attachement à l'unité de cette organisation continentale unificatrice en dépit des pressions, des menaces et des tentations auxquelles ont pris hélas part certains royaumes du Golfe arabe». D'autre part, M. Taleb Omar a réitéré que «l'Afrique s'est montrée convaincue que sa liberté, son indépendance et la décolonisation ne sauront être parachevées s'il n'est pas permis au peuple sahraoui d'exercer son droit inaliénable à l'autodétermination et l'indépendance». Il a condamné enfin, «les politiques méthodiques exercées par l'occupation marocaine dans le but de marginaliser et de paupériser les Sahraouis outre le rôle pivot que jouent les stupéfiants du Royaume en tant que plus grand producteur et fournisseur de cannabis, dans le soutien et le financement des groupes criminels organisés et des groupes terroristes dans la région».

APS

Le Sahara occidental au menu d’une visite d’activistes marocains en Israël

Une nouvelle polémique est née au Maroc après la visite effectuée, mercredi 30 novembre, par un groupe de 16 activistes en Israël, rapportent plusieurs médias marocains.

Pendant son séjour, ce groupe, composé de journalistes, de chercheurs et d’universitaires, a rencontré plusieurs responsables israéliens dont Ofir Gendelman, conseiller et porte-parole du Premier ministre Benyamin Netanyahou, selon le site d’information marocain Hespress.

Autre personnalité rencontrée, le président de la commission des Affaires sociales de la Santé et de l’Emploi à la Knesset (parlement israélien), Ely Alouf. Ce dernier, né au Maroc, a même émis le souhait de voir un jour le roi Mohamed VI visiter Israël.

« Si le roi Mohamed VI visitait Israël, toutes les institutions de l’État s’arrêteraient de travailler et tous les Israéliens iraient l’accueillir et le saluer », a-il-déclaré, selon la même source.

Toujours d’après Hespress, les entretiens entre les deux parties ont porté sur les relations entre le Maroc et Israël, les juifs établis au royaume mais aussi sur la question du Sahara occidental. À ce titre, l’un des participants à cette visite a déclaré que le porte-parole de Netanyahou a expliqué « qu’Israël n’a aucune position officielle concernant ce dossier », affirmant « qu’Israël n’a et n’aura aucun problème avec le Maroc ».

Dans une réponse à la polémique suscitée par leur voyage controversé, ces activistes ont souligné que « l’intérêt du Maroc primait sur toute autre considération idéologique, religieuse ou panarabisante », rapporte le 360.ma.

« Le socle rassembleur de tous les Marocains, en dehors de toute distinction de religion ou de langue, devrait être leur appartenance commune au Maroc », ont-ils ajouté.

Selon portail marocain Le Desk, le Maroc tisse « depuis toujours, grâce à la diaspora juive, de puissants liens avec les réseaux et lobbys d’influence sionistes, notamment aux États-Unis pour des raisons diplomatiques liées principalement à la question du Sahara malgré l’inexistence de liens formels avec Israël ».

Maroc: La diplomatie des à-coups !



En prenant la décision, après une longue bouderie, de frapper à la porte de l’Union africaine (UA), avec force gesticulations politico-médiatiques en Afrique subsaharienne, le royaume du Maroc a semblé exprimer une forme de mea culpa, au sujet de son retrait de l’Organisation de l’unité africaine(OUA), le 12 novembre, 1984. Mais l’épisode tragi-comique de Malabo, est venu confirmer l’adage «chassez le naturel, il revient au galop». En effet, les participants au quatrième sommet Afrique-Monde arabe ont été choqués par l’arrogance des représentants du Maroc, mais aussi surpris par leur amateurisme politico-diplomatique.

Selon des échos, les interventions intempestives du chef de la délégation marocaine, son mépris affiché des règles minimales de bienséance et son ton véhément et acrimonieux, lors de la cérémonie d’ouverture du segment ministériel du Sommet afro-arabe de Malabo, les 21 et 22 novembre 2016, ont achevé de ruiner le semblant de crédibilité, laborieusement glané durant les derniers longs périples du roi Mohamed VI, en Afrique subsaharienne. Face à l’argument «béton» des représentants de l’UA, qui invoque une décision prise par les chefs d’Etat africains, au cours du Sommet de Johannesburg, en novembre-décembre 2015, la délégation marocaine n’a cessé d’opposer la «Déclaration de Nouakchott», adoptée lors du Sommet arabe de juillet dernier, en Mauritanie. Il convient de remarquer que la décision de l’UA stipule que, lors des rencontres multilatérales, la République Arabe Sahraoui Démocratique (RASD), pouvait, en cas de réserve de la partie non-africaine, être représentée symboliquement par un siège vide et un pupitre arborant le drapeau sahraoui et un chevalet au nom de ce membre fondateur de l’UA; ce qui en soi constitue un compromis raisonnable. Il convient également de remarquer, que ce n’est pas le moindre des paradoxes que le royaume du Maroc veuille se prévaloir des conclusions du Sommet arabe de Nouakchott, un sommet qu’il a renoncé à abriter et essayé vainement de torpiller via une campagne médiatique tendancieuse, en pariant sur l’épouvantail sécuritaire… Ce Sommet a constitué un pied-de-nez à l’histoire, d’une redoutable portée ; car la Ligue des Etats arabes (LEA), sous l’influence du Maroc, a mis treize longues années, pour accepter la Mauritanie en son sein…

Dans un communiqué rendu public, le 25 novembre 2016, le gouvernement marocain invoque un autre sommet, celui tenu à Ryad, entre le Maroc et les pays du Conseil de coopération du Golfe, en avril 2016, sommet dont, apparemment, il n’aurait jamais été question à Malabo…

Le décalage entre la ligne de défense marocaine au cours des joutes oratoires de Malabo et celle adoptée dans ce communiqué, prouve, à lui seul, l’incohérence des attitudes marocaines actuelles. Ce n’est pas la première fois que la diplomatie du royaume semble décrire une trajectoire chaotique, faite de surenchères, de revirements et de voltefaces… Les facéties marocaines, lors du récent sommet de l’Organisation internationale de la francophonie à Antananarivo, illustrent l’impossible «traçabilité» des postures diplomatiques de ce pays. En effet, le Maroc, a, au cours de ce sommet, publiquement indiqué n’avoir «posé aucune condition», au sujet de sa candidature à l’adhésion à l’UA, entendez : «ne pas avoir exigé l’exclusion de la RASD». Pourquoi alors avoir fait tout ce tapage à Malabo, en protestation à un siège vide?... Le communiqué marocain du 25 novembre cite le Sultanat d’Oman et la Somalie parmi les pays qui se sont «solidarisés» avec le Maroc, bien que ces deux pays aient participé au Sommet, le 23 novembre 2016. Il est vrai que les autorités marocaines sont à un soutien près, car seuls six pays arabes non-africains (Arabie Saoudite, Emirats arabes unis, Qatar, Bahreïn, Jordanie et Yémen), ont emboité le pas au royaume alaouite, lorsqu’il a décidé d’opérer son dernier retrait en date, à Malabo. Le fait qu’aucun Etat africain (arabe ou pas) n’a daigné se solidariser avec un Maroc isolé, au moment où l’un des hôtes africains du roi, qui «règne» sur la rive gauche du fleuve Sénégal, l’a récemment qualifié de «Roi de l’Afrique», en dit long sur le quiproquo afro-marocain!! Les dirigeants africains ont modérément apprécié le traitement volontairement humiliant, réservé au doyen Robert Mugabe, héros de la lutte anti-apartheid en ex-Rhodésie, lors de la «Coop 22», à Marrakech, et ce indépendamment de leurs opinions sur le personnage.

En se proposant de faire de l’Emirat du Koweït le bouc émissaire de ses échecs, le Maroc feint d’oublier que cet émirat paisible a récemment subi les affres de la spoliation et de l’occupation de son territoire... L’émir Sabah al-Ahmed al-Jabir al-Sabah n’a pas présidé le Sommet de Malabo, contrairement aux allégations marocaines. La coprésidence mauritanienne a réussi «à couper la poire en deux», en proposant que la partie organisatrice (UA ou LEA), prenne le soin d’assurer l’intendance organisationnelle, à sa guise ; ce qui explique la réussite du Sommet Afrique-Monde arabe de Malabo, et ce en dépit des manœuvres dilatoires... Il convient de noter que ce n’est pas la première fois que le royaume, au lieu de voir la réalité en face, s’en prend à la tête des institutions qui s’intéressent à la question de l’autodétermination du peuple sahraoui : rappelez-vous le «feuilleton Ban Ki Moon». Aujourd’hui, c’est la présidente de la Commission de l’Union africaine, Nkosazana Dlamini ZUMA, qui est en ligne de mire de la machine de dénigrement marocaine.

Les velléités du Maroc de faire de la question du Sahara occidental la pomme de discorde tous azimuts (au Maghreb, dans le Monde arabe, en Afrique et sur le plan international), sont loin d’être partagées par ses partenaires, spécialement les Africains qui ont «d’autres chats à fouetter»…Ceci est d’autant plus vrai, que le seul texte juridique international sur lequel peut se baser le Maroc pour réclamer «sa» souveraineté sur le Sahara occidental, est l’Accord tripartite de Madrid, signé le 14 novembre 1975, après avis consultatif de la Cour internationale de justice de La Haye, entre l’Espagne, le Maroc et la Mauritanie ; un accord qui stipule que la partie méridionale (Rio de Oro) du Sahara occidental, revient à la Mauritanie. Ce point de droit, est trop souvent passé sous silence par les polémistes marocains, à dessein…

Les promesses mirobolantes en direction de l’Afrique, ont prouvé leur limite à Malabo et la bataille de l’adhésion marocaine à l’UA, prévue en janvier prochain, risque de le confirmer davantage…

Les «amis» africains du Maroc, au lieu de lui faire miroiter des engagements politiques qu’ils savent ne pas pouvoir honorer, le moment venu, comme ce fut la cas à Malabo, feraient mieux de l’inciter à davantage de sang-froid, de pondération, de réalisme et de sens du compromis, qualités éminemment royales; car le Maghreb, l’Afrique et le monde, ont besoin d’un Maroc prévisible ...

Smail Diabira

Maroc. Le régime ne tolère que les applaudisseurs

Marrakech accueille du 27 au 30 novembre le Forum mondial des droits de l’homme. Cette rencontre se tient dans un pays où les libertés sont bafouées, dénonce le chroniqueur Salah Elayoubi qui se penche, dans une interview, sur la situation des journalistes.


RIDA BENOTMANE : L’Etat marocain prend-il au sérieux la résolution des Nations unies, dont il est signataire, pour défendre les journalistes sur son territoire ?


SALAH ELAYOUBI : Le régime de Mohammed VI n’en a cure. C’est un régime autoritaire qui, moyennant un alignement systématique sur les positions des puissances occidentales comme la France et les USA, pour ne citer que ces ceux-là, bénéficie de leur appui inconditionnel. En tant que tel, il se soucie bien peu de protéger les journalistes qui échappent à son influence ou qui dénoncent ses pratiques.


Le régime fait même preuve d’un cynisme à nul autre pareil, en organisant à Marrakech du 27 au 30 novembre, un Forum mondial des droits de l’homme, au moment même où il est dénoncé par quasiment tout ce que compte le monde d’organisations internationales.


Quelles sont les mesures que devrait adopter le gouvernement marocain ?


Il n’y a rien d’autre à entreprendre que faire appliquer la loi. Le code pénal marocain est suffisamment étoffé, pour dissuader les agresseurs éventuels et protéger les journalistes, tout comme il est supposé le faire pour les autres citoyens marocains. Mais il faut encore que les autorités soient disposées à appliquer la loi.


Quelles sont les formes de pression qui empêchent un journaliste marocain de mener à bien son activité professionnelle de manière indépendante ?


L’éventail est plutôt large. Il va de l’intimidation verbale à l’emprisonnement, en passant par les amendes colossales, la saisie de numéros censurés, les redressements fiscaux, les écoutes téléphoniques, les pressions familiales, les convocations de police, les tracasseries administratives, les menaces des agents d’autorité. Même les affaires de divorce peuvent devenir un instrument de pression aux mains du pouvoir.


Le régime marocain semble ne plus rien tolérer d’autres que ses applaudisseurs. Quelle misère intellectuelle ! Quelle indigence journalistique ! 


Vous semble-t-il que la protection des journalistes est similaire selon que l’activité est au Sahara occidental, à Ceuta et Melilla ou dans d’autres régions ?


Le journalisme au Maroc a depuis toujours été un bien périlleux métier, s’il vous prenait l’envie d’aller à l’encontre des thèses officielles. Et puisque vous évoquez la question du Sahara et celle des deux présides occupés [Ceuta et Melilla, enclaves espagnoles], remarquez les deux poids deux mesures du régime sur ces deux dossiers. Face à l’Espagne, qui fait partie du flanc sud de l’Otan, le Maroc n’en mène pas large, alors qu’il déploie tout le savoir-faire et la brutalité de ses forces de sécurité, contre des populations civiles au Sahara occidental, et abreuve notre peuple de mensonges à propos de la prétendue reconnaissance de la marocanité du Sahara, par la communauté internationale.


Aucun journaliste marocain n’oserait aborder frontalement la question de ce mensonge d’Etat, ni dire la forfaiture dont s’est rendu coupable Hassan II, puis Mohammed VI, faisant de ce dossier une chasse gardée du Palais et le confiant à des diplomates médiocres, tricheurs, incompétents, corrompus et corrupteurs.


Pensez-vous que la société civile puisse être intéressée à rejoindre le combat contre l’impunité ?


Absolument pas ! Nous sommes dans le degré zéro de toute conscience. D’abord parce que nous sommes dans notre grande majorité, un peuple analphabète. Quel pourcentage de la population est concerné par la presse ? Promenez-vous dans l’une de nos villes et observez combien de personnes attablées dans un café lisent un journal. Le chiffre avoisine le zéro.


En même temps qu’il poussait l’école publique vers le désastre, le régime marocain a mis en place le pire des poisons, avec la télévision marocaine qui distille des programmes où le mensonge d’Etat et l’ignorance le disputent à la bêtise et perpétuent chez le petit peuple son accoutumance à la superstition et à la mystification.


Comment renforcer les capacités des journalistes au point de vue de la sécurité et de la protection juridique ?


Vous évoquez les journalistes comme s’il s’agissait d’une corporation soudée et agissant avec solidarité, alors que nous sommes dans le scénario inverse. Voyez combien de journalistes ont été emprisonnés ou harcelés sans soulever la moindre émotion parmi leurs confrères. Certains n’ont pas hésité à se fendre d’articles indignes, pour enfoncer leurs collègues et défendrel’insupportable.


Vous parlez de protection juridique, il faudrait d’abord qu’il y ait une justice indépendante et que les journalistes soient à l’abri de la vindicte du pouvoir ce qui n’est pas le cas au Maroc. S’il existait une réelle justice, les journalistes n’auraient pas besoin de protection particulière. Et s’il existaitune justice indépendante au Maroc, cela se serait su.

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