La Françafrique pour éterniser l'esclavage des africains

La vision de la diplomatie française sur les autres pays émergents

Dr Mehenou Amouzou*

La France demeure un empire colonial malgré le mot diplomatie utilisé pendant ces cinquante dernières années pour qualifier ses relations avec ses ex-colonies et les Etats africains en général. Le Nigeria n’est, certes, pas une colonie française mais il n’en est pas moins le miel que la France rêvait de partager avec l’Angleterre depuis des années. La France a saisi une opportunité mortelle pour essayer de concrétiser son rêve à l’encontre du jeune Etat nigérian fraîchement indépendant, conduit par des hommes valeureux et très fiers d’être africains et nigérians. Le gouvernement du Nigeria en ce temps était en colère et avait vivement protesté contre la France du général De Gaulle en raison de l’essai nucléaire opéré en Algérie par la France. Le jeune Etat nigérian avait protesté devant les Nations unies et a même demandé pourquoi la France ne réalisait pas ses essais nucléaires sur son propre territoire. Est-ce en raison de cette protestation que la France a voulu punir le Nigeria en donnant par la même occasion un avertissement fort aux autres pays africains prétendument indépendants ?

Comme tout pays nouvellement indépendant, il y a souvent des petits problèmes liés au leadership. Le gouvernement français de l’époque voulait punir le jeune Etat nigérian et sa population. Pour ce faire, il a alimenté le différend qui existait entre les dirigeants de l’Etat nigérian et la province du Biafra, en soutenant et équipant cette dernière avec des armes lourdes, des matériels de guerre, de la logistique et des fonds. Elle comptait se faire rembourser sur la manne pétrolière qui lui serait acquise lorsque la sécession biafraise serait consommée. C’est pour cette raison que la France a été le premier pays à reconnaître la sécession biafraise à l’ONU. La guerre du Biafra a coûté la vie à une centaine de milliers de personnes.

Le Mali de Modibo Keita, l’ancien président du Mali, un nationaliste et un panafricaniste fier, avait également protesté contre l’essai nucléaire français en Algérie et s’est montré solidaire du peuple algérien. Modibo Keita a payé très cher cette initiative qui s’est soldée par des sabotages économiques et politiques de son pays. Ce qui a permis au gouvernement français de déposer l’ancien président Modibo Keita qui a été remplacé par Moussa Traore. Le président Modibo Keita mourut en prison. Triste sort pour un homme intègre.

En 2011, au cours de la campagne criminelle contre le colonel Kadhafi, l’ancien président de la Libye, Teodoro Nguema Obiang, président de la Guinée équatoriale, voulait aller en Libye rencontrer le dirigeant Kadhafi avec quatre autres chefs d’Etat africains pour trouver une solution africaine à la crise. Le président Teodoro Nguema avait été sommé de ne pas mettre les pieds en Libye. Le président Sarkozy lui avait clairement fait comprendre que son avion serait abattu si jamais c’était le cas. Quelle a été la réaction de l’ONU face à ces propos de Sarkozy ? Aucune. La communauté internationale non plus n’a pas réagi. Qui sont ces donneurs de leçons ? Maintenant, c’est l’Europe et l’Afrique qui sont déstabilisées. L’Afrique francophone s’est silencieusement et automatiquement alignée sur la politique française et a été la première à reconnaître le gouvernement de transition mis en place.

La Syrie, par exemple, bien que ne se situant pas sur le continent africain, a fait l’expérience du dictat du colonialisme. La déstabilisation du pays a entraîné la mort de plus de plus de 400 000 personnes et le déplacement de plus de 3 000 000 d'autres. L’insécurité s’est étendue jusqu’en Europe. En 2008, à Paris (France), Christophe de Marjorie, l’ancien président du groupe français Total, l’ancien Premier ministre français, François Fillon, l’ancien président Nicholas Sarkozy et le président Bachar Al-Assad de Syrie en discutaient lors de sa visite dans le cadre du projet gazoduc qui a vu l’implication de la France, des Etats-Unis, du Qatar et de la Grande-Bretagne. Selon une source proche du dossier dont le nom ne peut être mentionné pour des raisons de sécurité, le président Sarkozy a demandé au traducteur de dire au président syrien Bachar Al-Assad que, sur le marché, 30% revenaient à la Syrie et 70% à la France, oubliant que le président syrien comprenait et parlait français. Le président syrien a dit non à la proposition de Sarkozy et a insisté auprès du traducteur pour qu’il lui dise que la Syrie n’est pas une colonie française. Le président Sarkozy s’était levé, a explosé de colère et menacé de mettre la Syrie à feu et à sang. On voit aujourd’hui le résultat.

Les quelques présidents intègres qui ont défendu l’intérêt de leurs pays et de l’Afrique prioritairement sont morts assassinés et leurs pays déstabilisés. Beaucoup de pays africains francophones ont pris part à la guerre au Biafra, au Nigeria, aux côtés de la France car, pour la plupart, les présidents de ces pays n’ont aucun pouvoir de décision sur la gestion de leurs propres pays. En 2011, quand la France a dit aux pays africains de reconnaître l’opposition libyenne, la majorité de ces pays francophones l’ont fait en 24 heures comme de bons élèves. La Cédéao et l’Union africaine sont devenues des instruments obsolètes au service de l’Occident. Nous avons les cas de la Libye, de la Côte d’Ivoire et, tout dernièrement, de la Gambie où sur un coup de fil de l’Occident, certains dirigeants africains se sont mis en rang.

Que peut-on penser du gouvernement sénégalais qui dit qu’il attend le mandat de l’ONU pour que les forces qu’il dirige attaquent la Gambie ? Où se trouvent la raison et l’art de la négociation ? On se rappelle le mandat de l’ONU pour désarmer Saddam Hussein de l’Irak. Mandat qui s’est soldé par la pendaison de Saddam Hussein et la déstabilisation du Moyen-Orient, de l’Europe et de l’Afrique. La Libye et la Côte d’Ivoire, n’en parlons plus. Quand le ministre de l’Information tchadien a confirmé que 40% des armes utilisées par Boko Haram sont françaises, est-ce que le Nigeria a protesté ou convoqué l’ambassadeur français pour demander des explications ? Quel est le rôle de la Cédéao ? Protéger les dictateurs dociles et loyaux à l’Occident ?



L’élection française et la relation France-Afrique

Aucun secteur de l’économie africaine n’est suffisamment évolué pour permettre d’éradiquer la pauvreté. Les présidents africains pillent leurs propres pays et n’ambitionnent pas de les développer. La majorité de ces Présidents ne sont pas démocratiquement élus, mais désignés par l’Occident, et leur loyauté ne va pas à leur peuple, mais à la France. La politique coloniale de la France n’a pas changé depuis le temps de la conquête coloniale : désabuser et opprimer les peuples, coups d’Etat, troubles sociaux, sabotage économique, etc. Si le président sortant n’est plus en odeur de sainteté avec la métropole, cette dernière retire son soutien au président sortant lors des prochaines échéances électorales. Le pays subit des pressions politiques et économiques. On brandit la menace «des biens mal acquis». La métropole endosse le rôle du sauveur, alors même qu’elle est l’auteur principal de la situation d’appauvrissement des Etats.

Ce système d’exploitation n’est pas bénéfique au peuple français qui se retrouve victime comme le peuple africain des abus de leurs dirigeants. 3 jeunes Français sur 5 ne peuvent garder un emploi jusqu’à l’âge de la retraite et sont incapables de cotiser pour bénéficier de la pension minimum à leurs retraites. La population africaine est dans le rouge, le désespoir est le vivre quotidien. La métropole continue de taxer énormément la population africaine des bienfaits d’une colonisation qui n’a pas été sollicitée. En 2005, il y avait à peu près 6 millions de Français d’origine africaine. La moitié de ces 6 000 000 peuvent positivement influer sur l’élection du prochain président de la République française. Le vote collectif pourra être décisif. En échange d’un vote collectif en sa faveur, le futur candidat s’engagera à respecter le droit à l’autodétermination de tous les peuples. Une suppression des accords abusifs se résumant à piller les ressources des pays en développement. Une suppression du franc CFA et la liberté pour les pays de cette zone de frapper leur propre monnaie. Les marchés seront désormais attribués selon le mérite et la qualité des offres. Ce doit être la fin du favoritisme.

L’immigré qui devient citoyen est très souvent reconnaissant et loyal envers son pays d’adoption et participe activement à son développement. Le citoyen français d’origine africaine peut jouer un rôle déterminant dans le développement. Les pays d’origine de la plupart de ces Africains ont des liens étroits avec la métropole qui s’étalent sur plus d’un siècle de relations, et pourtant ces expatriés ne sont toujours pas acceptés et ne jouissent pas des mêmes droits que les nationaux d’origine. Cette discrimination négative à l’endroit des Français d’origine africaine a aussi pour cause l’attitude et les décisions de certains chefs d’Etat africains qui n’ont pas à cœur les intérêts de leurs expatriés. Si nous prenons par exemple la Corée du Nord, les Occidentaux ne ratent aucune occasion de traiter de tous les noms les dirigeants de ce pays qualifiés, entre autres, de dictateurs. Ce pays n’entretient de relation d’aucune sorte avec la France. Et pourtant, les ressortissants de ce pays sont plus considérés que les Français d’origine africaine dont les ancêtres ont pourtant combattu pour la République française.

Dans quelques mois, il y aura l’élection présidentielle française où tous les partis vont se présenter (l’extrême-droite, les Républicains, la gauche et les indépendants). Eux tous prétendent à la fonction suprême avec un programme qui peut redresser la France. Ces politiciens, prétendants au fauteuil présidentiel, sont tous politiciens de carrière. Au cours du primaire à droite ils ont parlé de l’immigration, de comment renforcer le contrôle et la déportation, mais pas des causes qui forcent l’immigré à aller chercher son bonheur à l’étranger et à y risquer sa vie loin des siens. Le cas de l’Afrique est déplorable. L’un de ces prétendants deviendra président de la République française en mai 2017 et ne sera pas différent de ces prédécesseurs. Ce ne sera une surprise pour personne, car la France fait et défait les présidents africains (qu’on peut qualifier de sous-préfets) selon ses intérêts. Elle appauvrit, confisque la richesse des pays africains à son avantage. Les Français d’origine africaine ont le pouvoir de ne plus accepter cet esclavage et cette confiscation des ressources africaines en unissant leurs voix pour voter en faveur d’un candidat qui tiendra compte de leurs revendications, dont la première doit être certainement la suppression du franc CFA.

La nouvelle relation France-Afrique sous l’égide des Africains de France unis mettra fin à l’exploitation abusive du continent concrétisée à travers certaines entreprises françaises. Exemple de celle qui a exécuté les travaux de construction du pont Henri-Konan-Bédié qui deux mois après son inauguration présente déjà des malfaçons. L’Etat ivoirien a dû puiser dans les caisses de l’Etat pour procéder aux réparations nécessaires privant corrélativement des milliers d’Ivoiriens des services sociaux auxquels ils peuvent légitimement aspirer. Alors qu’il revenait normalement à l’entreprise qui a exécuté les travaux ou à son assureur d’assurer de telles réparations. En plus, ce projet avait été mis en place et financé sous le président Gbagbo et le pont ne devait pas être payant pour la population. Sous Gbagbo, ce pont revenait à peu près à 225 millions de dollars et les fonds étaient disponibles grâce à une augmentation de 10 francs CFA sur le prix de l’essence. Le président élu, M. Ouattara, en plus des 225 millions de dollars existants, a emprunté plus de 400 millions de dollars pour la construction de ce même pont. L’entreprise française qui a eu le contrat de construction du pont Henri-Konan-Bédié est Bouygues. Il existe de nombreux exemples où des entreprises incompétentes ont pu remporter des marchés grâce aux relations privilégiées qu’elles entretiennent avec le sommet du gouvernement français. Toutes ces transactions se font cependant au détriment de la population africaine.

En matière de financement de l’élection présidentielle française, la majorité des Etats africains francophones finançaient les élections présidentielles des candidats français à coût de millions d’euros qui auraient dû aller vers le social et les hôpitaux où les malades meurent de simples migraines. L’obtention de l’eau potable ou de l’électricité est devenue un vrai parcours du combattant pour les populations. Au cours du dernier déplacement de l’ancien Premier ministre français, Manuel Valls, en Afrique, ce dernier a sollicité des fonds des pays de l’Afrique francophone. M. Valls aurait reçu une assistance de campagne de plus de 7 millions d’euros d’un seul pays qui est d’ailleurs très endetté et où la misère est patente. Si cette allégation devait être confirmée, ne serait-ce pas un crime contre l’humanité tant de la part du donateur que du receveur ? La majorité des dirigeants africains sont incapables de marquer leur désaccord avec la France parce qu’ils sont quasiment des fonctionnaires français et non des élus démocratiques. Si les gouvernements africains résistent, les représailles pleuvent sur le pays. A titre d’exemple, le procès de M. Gbagbo devant La Haye est seulement celui d’un nègre indocile et insoumis que la métropole doit mater. La métropole est devenue un centre de manipulation et de désinformation soutenu par deux puissantes armes que sont le FMI et la Banque mondiale qui aggravent la misère des pays en développement à travers leurs politiques financières calamiteuses.

La France a intérêt à traiter ses anciennes colonies en vrai partenaire et avec le respect qu’elle accorde aux Etats européens, asiatiques et à l’Amérique. L’arrogance d’hier n’est plus valable aujourd’hui.

Les Africains de France doivent s’unir et dire non en votant le candidat qui s’abstiendra de continuer avec cette mentalité coloniale vieille de plusieurs centaines d’années. La France doit savoir que le monde évolue et l’Afrique aussi. C’est pourquoi beaucoup plus de jeunes se tournent maintenant avec espoir vers l’Asie et non plus vers la France et l’Europe. Ces jeunes savent aussi que la France est responsable de ce qui leur arrive en plaçant et soutenant des présidents africains vomis par leurs peuples.




*Le docteur Mehenou Amouzou a obtenu son Master in Business à l’European Advanced Institute of Management ainsi qu’un Certificat en finance et investissement à Paris (France). Il a complété ses études dans les Relations internationales et les Stratégies politique et de défense et a obtenu son Doctorat de philosophie en Finance


Source : Algérie Patriotique

L’Iran exprime son souhait d’améliorer ses relations avec le Maroc.

Note diplomatique du 26 juillet 2012

L’Ambassadeur Représentant Permanent de l’Iran à Genève, M. Mohammed Reza Sajjadi a exprimé à l’ambassadeur du Maroc à Genève le souhait de l’Iran « d’améliorer ses relations avec le Royaume du Maroc. A cet effet, il propose une rencontre en Europe, entre les deux Vice-Ministres des AE. Cette rencontre pourrait avoir lieu avant le Sommet du NAM, prévu les 30 et 31 août 2012, à Téhéran. Ces discussions peuvent se poursuivre en marge du Sommet ».



SOURCE : Maroc Leaks

Ouyahia accuse nommément le Maroc et la France de vouloir provoquer des troubles en Algérie

Il accuse nommément le Maroc et la France de vouloir provoquer des troubles en Algérie
Ouyahia identifie ouvertement «la main de l’étranger»

Le secrétaire général du Rassemblement national démocratique, Ahmed Ouyahia, accuse ouvertement la France mais surtout le Maroc de chercher «à provoquer des troubles» en Algérie. Un véritable pavé dans la mare même si, diplomate qu’il est d’ailleurs de carrière, l’actuel ministre d’Etat, directeur de cabinet de la présidence de la République a pris le soin, ce faisant, de ne pas impliquer directement l’Elysée et le palais royal dans cette affaire. 

Kamel Amarni - Alger (Le Soir) - Ouyahia lançait ce message à travers un long entretien accordé à notre confrère arabophone El Khabar, paru hier mardi. Difficile, bien évidemment de dissocier le secrétaire général du RND de sa fonction au plus haut niveau de l’Etat. Ministre d’Etat et directeur de cabinet de Abdelaziz Bouteflika , l’homme sait de quoi il parle lorsque, affirmatif, il livre la réponse suivante à propos de la fameuse «main de l’étranger». En effet, il dira ceci : «L’implication de la main de l’étranger, mon cher frère, a été détectée avec des preuves matérielles à l’occasion de certains événements.
 
Qui finance et qui abrite chez lui le mouvement autonomiste de la Kabylie ? Et qui est derrière le mouvement autonomiste du M’zab ? Ce sont la France et le Maroc qui sont derrière ces deux mouvements et nous en avons les preuves. Nos frères marocains pensent pouvoir solder leurs comptes avec nous en tentant de provoquer des troubles chez nous, en raison de nos différends sur la question du Sahara occidental». Certes, Ouyahia nuancera son propos en épargnant les deux Etats respectifs de la France et du Maroc. «Mon propos ne doit pas être interprété comme étant une accusation à l’encontre du palais présidentiel en France ou du palais royal au Maroc. Mais ce sont des milieux, dans ces deux pays respectifs, qui ont intérêt à voir des troubles provoqués dans notre pays et ce qui est regrettable, c’est le fait de voir des fils de mon pays répondre favorablement à l’appel à la grève à Béjaïa sans même situer son origine. Parvenait-il de Sidi Bel Abbès, de Berlin ou du Danemark» ? Pour rappel, ce n’est pas la première fois qu’Ahmed Ouyahia évoque cette implication directe de «parties» étrangères à l’occasion de certains événements qui avaient agité le pays ces dernières années, notamment les dramatiques événements de Ghardaïa ou la campagne anti-gaz de schiste. Mais cette fois, l’accusation est si précise que l’on ne peut la reléguer à un simple discours creux, attribuant tous nos malheurs à la fameuse «main de l’étranger». 

Ouyahia cite deux pays, nommément, le Maroc et la France ! Et celui qui lance cette accusation n’est pas qu’un simple chef d’un parti politique ! Il s’agit, à l’évidence d’un message clair destiné pour Paris, mais surtout pour Rabat et que les concernés n’auront bien sûr aucun mal à déchiffrer comme étant la position officielle de l’Algérie. Ouyahia fait en effet bien la distinction entre des messages lancés comme chef de parti, et ceux livrés par un haut responsable de l’Etat. C’est ainsi qu’il a eu , par exemple, à livrer un autre message, dans le même entretien accordé à nos confrères d’El Khabar, concernant son dernier voyage en Tunisie et sa rencontre avec le leader du parti Ennahda, Rached El Ghanouchi et un dirigeant libyen. «A l’occasion d’une audience accordée par le président Abdelaziz Bouteflika à Rached Ghanouchi, et à laquelle j’ai assisté en ma qualité de directeur de cabinet de la présidence de la République. El Ghanouchi m’interpellera : «Si Ahmed, quand est-ce que vous allez nous honorer de votre visite ? Je lui répondis : étant trop pris par la préparation des élections, je vous promets de venir après le scrutin. Or, il insista tellement que j’ai fini par lui rendre visite le 24 janvier dernier. Je suis allé lui rendre visite à son domicile où j’ai trouvé avec lui, l’ancien ministre des Affaires étrangères, Abdesselam Rafik. A peine la discussion entamée que El Ghanouchi me demandera si cela me dérangeait qu’un autre invité qui se trouvait également chez lui, prenne un café avec nous». Cet autre invité est un dirigeant libyen répondant au nom de Salabi. Ouyahia expliquera ensuite que, naturellement, la discussion a porté sur la situation en Libye, mais qu’il ne s’agit, aucunement, d’une rencontre officielle, engageant l’Algérie. «Si c’était le cas, comme cela avait été rapporté à tort, il y aurait eu un communiqué officiel. Chez nous, en Algérie, on ne mélange jamais entre les affaires de l’Etat et les activités partisanes» tranchera Ouyahia, histoire de démentir fermement et définitivement la volonté de l’Algérie de recourir à une médiation d’El Ghanouchi dans la gestion du dossier libyen.
K. A.



Le chantage pour toute diplomatie

Acculé de toute part, essuyant les défaites diplomatiques les unes après les autres, le Maroc n’a rien trouvé de mieux pour s’en sortir, qu’avoir recours au chantage. Des menaces, le royaume est passé aux actes. Ainsi, des centaines de migrants subsahariens pénètrent depuis vendredi dernier dans l’enclave espagnole de Ceuta, en franchissant une clôture haute de six mètres, pendant que la police marocaine laisse faire.

Le Maroc fou furieux, contre la décision de la cour de justice européenne (CJUE), rendue le 21 décembre 2016, et stipulant clairement, que l’accord agricole entre l’UE et le Maroc n’est pas applicable au Sahara Occidental, a choisi d’opter pour cette basse manœuvre de chantage, clairement assumée par le gouvernement marocain qui par la voix de son ministre de l’agriculture, a sommé dans un entretien, accordé à une agence espagnole, l’Union Européenne de «clarifier sa position» et d’en finir avec les «discordances» au sujet du Maroc, sans quoi elle risque de subir des conséquences sur les plans non seulement commercial, mais aussi migratoire. «Comment allez-vous faire le travail de blocage de l’émigration africaine et même marocaine, si l’Europe ne veut pas à présent travailler avec nous ?», a interrogé le ministre. «Pourquoi continuerions-nous à faire les gendarmes et à les employer ? Pour exporter vers où ? Le problème de la migration est très coûteux pour le Maroc, ce que l’Europe doit apprécier à sa juste valeur».

De la parole, le Maroc est ainsi passé aux actes, en recourant à un vil procédé maffieux car, basé sur le seul chantage. Une fuite en avant et un refus manifeste, de voir la réalité en face. Le Maroc qui risque grand dans cette attitude, prouve encore une fois, qu’il est bien aux aguets et pris dans une panique qui lui fait commettre les erreurs, les unes après les autres.

Les Marocains ont surtout oublié, qu’il y a des lois internationales qui régissent les relations entre les pays et qu’il gagnerait beaucoup à s’y soumettre et appliquer les résolutions de l’ONU, seules à même de trouver une sortie au conflit du Sahara Occidental qui empoisonne les relations entre les pays du Maghreb et que veut exporter aujourd’hui le Maroc, pour en faire un problème menaçant la stabilité de l’Afrique et de l’Europe aussi.

Un jeu dangereux, dont les flammes ne manqueront pas de se retourner contre le pyromane, qu’est devenu le royaume du Maroc.

Par Abdelmadjid Blidi


Marocleaks : Maroc - Espagne - Note succincte sur les relations bilatérales


MAROC - ESPAGNE
NOTE SUCCINCTE 
SUR LES RELATIONS BILATERALES




Janvier 2012


  1. RELATIONS DIPLOMATIQUES

Le Maroc et l’Espagne entretiennent des relations diplomatiques depuis le 11 février 1957, date de la signature du traité diplomatique.

M. M. Ahmadou Ould Souilem, est Ambassadeur de Sa Majesté le Roi à Madrid.

M. Alberto NAVARRO est Ambassadeur du Royaume d’Espagne au Maroc.

  1. RELATIONS POLITIQUES

Les relations maroco-espagnoles sont régies, entre autres, par le Traité d’Amitié, de Bon Voisinage et de Coopération de 1991 qui prévoit des réunions régulières de Haut Niveau (RHN).

Les visites d’Etat effectuées de part et d’autre du Détroit de Gibraltar, ainsi que le rythme et la régularité des rencontres entre les différents responsables des deux pays contribuent largement au raffermissement des liens exceptionnels qui unissent le Maroc et l’Espagne.

Les orientations des politiques étrangères des deux pays s’inscrivent dans une vision politico-stratégique partagée sur les grandes questions telles que la sécurité en Méditerranée, la lutte contre le terrorisme, l’immigration clandestine, le trafic de drogue, etc.

En décembre dernier, Mariano Rajoy a affirmé son intention de récupérer l’accord de pêche entre le Maroc et l’Union Européenne. Il a même souligné l’importance économique de cet accord pour l’Espagne. Devant le Congrès espagnol le second jour de son investiture, Rajoy a exprimé sa détermination à entretenir de fortes relations de partenariat avec le Maroc.

Le Roi Mohamed VI a reçu, début janvier un appel téléphonique du chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy. Le Roi Mohamed VI et le chef du gouvernement espagnol ont insisté, lors de cet entretien téléphonique, sur la nécessité de renforcer les liens entre les deux pays. Dans ce cadre, Mariano Rajoy a déclaré son intention d’effectuer une visite au Royaume. Une visite d’amitié mais aussi de travail.
M. Rajoy a également contacté par téléphone, le Chef du Gouvernement M. Abdelilah Benkirane pour confirmer sa venue au Maroc mais la date n’a pas encore été fixée.

  1. REUNION DE HAUT NIVEAU

La 9ème Réunion de Haut Niveau (RHN) maroco-espagnole, a été tenue le 16 décembre 2008, à Madrid, sous la présidence de l’Ex Premier Ministre M. Abbas El Fassi et de l’Ex Chef du Gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero.

Cette rencontre a été, marquée par la signature d’un nouvel accord de coopération financière portant sur une enveloppe financière de 520 millions euros.

Par la même occasion, le Maroc et l'Espagne ont signé un mémorandum d'entente établissant un cadre formel de coopération entre les deux pays dans le domaine d'appui à la protection de l'enfance. Cet accord s’inscrit dans la stratégie du ministère du développement social, de la famille et de la solidarité pour la période 2008-2012.

La prochaine RHN est prévue au Maroc au premier semestre 2012.

  1. QUESTION NATIONALE
- Position du gouvernement sortant (socialiste)
Avec l’avènement du gouvernement Zapatero, l’Espagne conforte sa position de neutralité constructive dans le sens qu’elle œuvre, en concertation avec la France et les Etats-Unis à la recherche d’une solution politique acceptable pour les parties, et en s’octroyant un rôle d’intermédiaire entre le Maroc et les autres parties.

Au sujet de l’initiative marocaine, le Chef du Gouvernement espagnol avait souligné que son pays « accueillait la proposition d’autonomie avec intérêt et considère qu’elle pourrait déclencher une nouvelle dynamique de dialogue pour surmonter l’impasse actuelle et progresser sur cette base pour parvenir à un règlement de ce différend qui assure le principe de l’autodétermination ».
Le gouvernement espagnol a, par la voix de sa MAEC, Mme Trinidad Jiménez estimé, le 20 janvier 2011, qu’il existe d’autres alternatives que le référendum pour résoudre le conflit du Sahara. Elle a affirmé « qu’il faut être conscient de la difficulté de la tenue d’un référendum pour résoudre ce contentieux. Le Polisario lui-même reconnaît le caractère complexe de la tenue de cette consultation, il est d’ailleurs dans l’incapacité de fournir un recensement des personnes qui pourraient y participer ».
La chef de la diplomatie espagnole a ajouté que « l’Espagne applique le principe de neutralité active, elle tente d’être constructive et essaie de rapprocher – même si c’est difficile – les positions du Maroc et du Polisario ».
Pour Madrid, a-t-elle encore souligné, « la meilleure solution est celle qui sera le fruit d’un accord entre les parties. Nous voulons que ce problème soit résolu dans le cadre de la communauté internationale au sein des Nations Unies », a conclu Trinidad Jimenez.
Cette déclaration de la chef de la diplomatie espagnole intervient au moment ou le ministre espagnol de la présidence, Ramon Jauregui, a conseillé au Polisario de ne pas rejeter l’option d’autonomie au Sahara, proposée par le Maroc, comme solution à ce conflit qu’il a qualifié d’ « artificiel ». « Si j’étais le président du Front Polisario, a-t-il dit, je ne rejetterai pas l’option d’autonomie ».
Dans une déclaration à la radio nationale d’Espagne (RNE), le 18 octobre 2011, la ministre espagnole des Affaires Etrangères a affirmé que « nous n’avons pas la capacité de mettre fin au conflit ou de trouver la solution parceque nous ne somme pas un acteur directement impliqué dans les pourparlers. Ces acteurs sont le peuple sahraoui à travers le front polisario et le Maroc qui mènent des négociations sous les auspices des Nations Unis »
Concernant le mandat de la MINURSO, le Ministre espagnol des affaires Etrangères avait, lors de son audition, en mars 2010, par la Commission des Affaires étrangères du parlement espagnol, déclaré que le gouvernement espagnol n’avait aucun problème quant à la possibilité d’élargir le mandat de la MINURSO aux droits de l’homme. De son côté, la Vice-présidente du gouvernement espagnol avait soutenu, au terme d’une réunion avec le Secrétaire Général de l’ONU, l’idée d’élargir le mandat de la MINURSO. Cette question a été également évoquée par la nouvelle MAE espagnol, Mme. Trinidad Jiminez, lors de ses rencontres en novembre avec la Secrétaire d’Etat américaine et le MAE britannique.

A l’occasion des incidents de Gdeim Izik, le gouvernement Zapatero a adopté une position prudente refusant de céder aux pressions (visant la condamnation du Maroc) d’une presse qui s’est montrée particulièrement hostile au Maroc et d’une opposition, menée par le PP, décidée à utiliser tous les moyens susceptibles d’affaiblir davantage Zapatero, et par la même occasion porter préjudice aux intérêt du Maroc comme en atteste la mobilisation des euro-députés du PP pour faire passer, le 25 novembre 2010 au parlement européen, une résolutions sur les incidents de Gdeim Izik.
- Position du gouvernement de M. Rajoy (PP)
Au sujet de la question du Sahara, le président du gouvernement espagnol a indiqué après sa nomination qu’il allait défendre le processus de négociation en cours entre le Maroc et le Polisario sous l’égide des Nations Unis, en vue de parvenir à une solution conforme aux résolutions du conseil de Sécurité et du droit International. Il soutient ainsi une position de « neutralité positive » vis-à-vis de ce dossier.

S’agissant se Sebta et Mélilia, le PP a maintenu depuis sa création en tant qu’alliance populaire, une position ferme quand à l’hispanité des deux présides. A cet effet, M. Rajoy a déclaré lors d’une visite effectuée à Mélilia en marge de la campagne électorale des élections législatives du 20 novembre 2011, « que les espagnols qui vivent dans les deux villes autonomes ont besoin de l’appui, de l’attention et de l’aide pour que ses habitants soient égaux au reste de leurs compatriotes »
Il est à signaler que le Parti Populaire a rejeté en novembre 2011, lors de la séance plénière du conseil municipal à Madrid, une proposition conjointe de l’Union Progrès et Démocratie (UPyD) et de la Gauche unie (IU) sur le Sahara marocain, le PSOE s’est abstenu mais a refusé néanmoins certains termes du texte proposé en considérant que les questions de la politique étrangère devront être discutées au Parlement.
- Aide humanitaire 
L’Espagne est le premier donateur d’aide pour les camps de Tindouf. Cette aide a augmenté depuis l’arrivée des socialistes en 2004 pour atteindre en 2007 un montant de 23,5 millions d’euros dont 6.5 millions d’euros sont apportés par l’AECID (agence espagnole d’aide au développement internationale) et le reste est fournis par les communautés autonomes et les entités locales.
  1. SEBTA ET MELILIA

La question de Sebta et Melilia figure parmi les différends latents qui risquent à tout moment de compromettre les efforts des deux pays en vue d’instaurer une relation apaisée et durable. Aussi, la sensibilité de cette question quant à la marocanité de ces enclaves a-t-elle toujours été abordée avec subtilité.

Il est à rappeler qu’au titre des années 2006 et 2007 les visites respectives du Chef du Gouvernement espagnol et des Rois d’Espagne à Sebta et Melilia, avaient suscité une nouvelle tension entre les deux pays.

En décembre 2011, le groupe parlementaire « coalicion Caballas » de Sebta avait présenté uen proposition à l’Assemblée plenière au sujet de l’intégration de la ville de Sebta dans l’union dounière, avec un régime similaire aux régions ultrapériphériques. Le groupe évoque l’exemple des Canaries qui font partie de l’Union Douanière depuis 1986.

En janvier 2012, M. Abdelmalek El Berkani (PP) a été nommé délégué du gouvernement espagnol à Mélilia.
  1. RELATIONS ECONOMIQUES ET FINANCIERES
1- COOPERATION FINANCIERE
A l’occasion de la 9ème Réunion de Haut Niveau, en décembre 2008, un nouvel Accord financier pour la période 2009-2011 portant sur un montant de 520 millions d´euros, a été signé entre les deux Parties. Celui-ci se présente comme suit :

  • Crédits concessionnels pour un montant de 400 millions d’euros pour financer des projets publics réalisés par des entreprises espagnoles au Maroc, étant prioritaires les secteurs de l´énergie, l’environnement et les infrastructures, en particulier dans les domaines des télécommunications et des transports.

  • Crédits concessionnels non liés pour un montant de 100 millions d’euros pour financer des projets publics.

  • Crédit non remboursable d’un montant de 20 millions d’euros, destiné au financement des études de faisabilité et d’assistance dans les secteurs de l´électricité, l´énergie, l’environnement, les infrastructures, les transports, les télécommunications et les services publics.
  1. RELATIONS COMMERCIALES
En 2010, les importations marocaines d’Espagne ont atteint en moyenne 31,4 MMDH et les exportations vers ce pays se sont établies à 25 MM DH, soit un taux moyen de couverture de l’ordre de 79,7%.

Le montant des importations au titre du premier semestre 2011 s’élève à 19,48 MMDH et les exportations à un montant de 15,83 MMDH ce qui fait de l’Espagne le 2ème fournisseur et le 2ème client du Maroc.
3- INVESTISSEMENTS ESPAGNOLS AU MAROC (EN MILLIONS DE DH)

Les investissements espagnols ont augmenté de 76% en 2010. C'est le secteur de l'automobile qui a suscité le plus l'intérêt des investisseurs espagnols, suivi de l'aéronautique, l'électronique, le Nearshoring, l'industrie du textile et de l'agroalimentaire, précise la même source. Ces secteurs ont permis la création de 15.000 postes d'emploi en 2010. Inaugurée officiellement en septembre 2010, la représentation de l'AMDI à Madrid s’est fixée comme objectifs de renforcer l'image économique du Maroc en Espagne et de promouvoir les investissements espagnols dans le Royaume. En 2011, une Chambre de commerce, d'industrie et de services du Maroc en Espagne (CCISME) a été inaugurée à Madrid.


  1. TRANSFERTS DES MRE


En 2010, les Marocains résidant en Espagne ont transféré quelques 295 millions d’euros, soit plus de 3,3 milliards de dirhams marocains. Les transferts réalisés par la communauté marocaine d’Espagne en 2010, sont en baisse. Les chiffres affichent, en effet, une régression de 1,67%, soit 4,8 millions d’euros en moins transférés en 2010, en comparaison avec l’année précédente


  1. Tourisme 
Entre janvier et juin 2011, le nombre de touristes espagnols arrivés au Maroc est de 845.844 touristes


  1. DETTE A L’EGARD DE L’ESPAGNE

L’encours de la dette marocaine à l’égard de l’Espagne s’est établi à fin décembre 2008 à 4,64 MM DH. Les deux gouvernements ont conclu cinq Accords de conversion de la dette en investissements privés, successivement, en 1996, 1997, 2000, 2003 et 2006 portant sur un montant total de 155 M€ et un Accord de conversion de la dette en investissements publics, en 2003, portant sur montant de 50 M€


IV- GRANDS PROJETS D’INFRASTRUCTURE


1- PROJET DE LIAISON FIXE A TRAVERS LE DETROIT DE GIBRALTAR 

Le projet de la liaison fixe à travers le détroit de Gibraltar représente le symbole de la collaboration entre les deux pays autour d’un projet ambitieux qui reliera les deux continents par un tunnel ferroviaire. La société nationale des études du détroit «SNED» au Maroc et la société nationale de la communication fixe « SECEG » en Espagne, ont réalisé plusieurs campagnes géologiques et topographiques, des forages profonds et des galeries d’expérimentation d’une grande importance pour le projet.

Un Comité mixte a été mis en place pour assurer le suivi du projet. La 42ème réunion de ce comité mixte s’est tenue le 29 octobre 2009, à Tanger.

2- CENTRALE THERMIQUE DE TAHADDART

C’est un projet opérationnel depuis 2005, développé en partenariat entre l’ONE (48%), ENDESA qui est une compagnie espagnole (32%) et Siemens (20%). Cette centrale fournira 17% de la demande nationale en électricité. Le montant de l’investissement est de 285 millions d’euros.

3- L’INTERCONNEXION ELECTRIQUE 

Les deux pays ont posé le premier câble sous-marin, en 1997, rapprochant ainsi davantage les deux rives de la Méditerranée.

Un deuxième câble a été inauguré à Tarifa, le 05/03/2007. Ce nouveau câble permet de doubler la capacité d’échange (75 MW) entre les deux pays et d’améliorer la sécurité et la fiabilité des deux systèmes.

Les échanges électriques entre le Maroc et l’Espagne ont connu ces dernières années un développement remarquable qui justifie aujourd’hui le renforcement de l’interconnexion par la réalisation d’une troisième ligne tel que constaté par les deux parties lors de la 9ème RHN (décembre 2008).

V- COOPERATION EN MATIERE D’IMMIGRATION

La communauté marocaine en Espagne s’élève à plus de 800.000 personnes. Cette communauté est confrontée à plusieurs problèmes, notamment d’intégration. Sa situation s’est détériorée dans le contexte de la crise économique qui a durement frappé l’Espagne.

L’Espagne peine à élaborer une stratégie réelle de l’immigration. En effet, depuis la loi de 2000, quatre textes ont été adoptés par le Gouvernement dont le dernier de la série endurcit davantage les conditions de séjour des étrangers.

Dans ce contexte, certaines mesures ont été prises, notamment par la municipalité de Vic (Catalogne) de ne plus autoriser la délivrance de certificats de résidence aux étrangers en situation irrégulière.

La communauté marocaine en Espagne a été fortement touchée par la crise économique et financière par laquelle passe l’Espagne, celle qui travaille dans les secteurs du bâtiment, de l’industrie, de l’agriculture et des services.

En 2009, le taux de chômage des marocains en Espagne s’élevait à 47%, soit 209.351 chômeurs, résidant principalement en Catalogne, en Andalousie et à Madrid.

En 2010, la situation n’en finit pas de s’aggraver et enregistre au 1er semestre un taux de chômage de marocains qui s’élève à 42,4%.

Les marocains sans emploi représentent le taux de chômage le plus élevé des immigrés. 120.000 d’entre eux sont au chômage depuis plus d’un an et 140.000 ne perçoivent plus d’allocations chômage.

VI- COOPERATION AU DEVELOPPEMENT

Cette coopération est régie par l’Accord de coopération scientifique et technique signé le 08/11/1979. Une commission mixte, prévue par cet accord, se réunit périodiquement pour faire le bilan des actions de coopération et arrêter un nouveau programme de coopération. Cette commission mixte a tenu six sessions, dont la dernière a eu lieu à Madrid, en 2006.

Le Maroc figure en tête de liste des pays bénéficiaires de la coopération espagnole au développement tel qu’il ressort des Plans directeurs espagnols de 2001-2004 et de 2005-2008.

Les zones Nord et Nord-Est du Royaume sont les principaux bénéficiaires de cette aide puisqu’elles bénéficient de plus des ¾ des investissements réalisés au Maroc dans le cadre de cette coopération. Les secteurs prioritaires étant principalement la lutte contre la pauvreté, la promotion de la femme et la protection de l’environnement.

Outre les fonds alloués par l’Agence Espagnole de la Coopération Internationale au Développement (AECID), certaines communautés autonomes apportent également une contribution dans ce domaine.

En effet, de 2000 à 2007 le montant de l’Aide Officielle au Développement a atteint les 400 millions d’euros. Ces ressources ont doublé entre 2005 et 2007 passant de 43,24 à 81,43 millions d’euros. Durant cette même période, ce soutien a avoisiné les 200 millions d'euros. Le total des projets en exécution s’élève à 137.

VII. COOPERATION CULTURELLE

Cette coopération, régie par l’Accord culturel du 14 octobre 1980, porte essentiellement sur l’enseignement, les affaires culturelles, la communication, le tourisme et la jeunesse et sports. Un Programme d’Application est adopté dans le cadre d’une Commission Mixte culturelle qui se réunit alternativement au Maroc et en Espagne.



Panique au Makhzen



Entretien exclusif avec Amar Belani, Ambassadeur de l’Algérie en Belgique et auprès de l’Union Européenne au lendemain de la visite du Ministre algérien des Affaires Etrangères, RamtaneLamamra, à Bruxelles.

Afrique Asie : Dans un article récent publié dans la presse marocaine, il est question de la visite du Ministre Lamamra à Bruxelles dont l'auteur tente d'en minimiser l'importance, la qualifiant de "tribulations algériennes". Qu'en est-il exactement des objectifs de cette visite?

Amar Belani : Effectivement, cette visite qui s'inscrit dans le sillage des traditions de concertation et d'échanges entre les responsables algériens et européens est importante à plus d’un titre.

Elle intervient à moins de quatre semaines du Conseil d'association Algérie-UE, qui aura lieu le 13 mars 2017, à l'occasion duquel les deux parties procéderont à l'adoption formelle des priorités de partenariat identifiées conjointement dans le cadre de la nouvelle Politique européenne de voisinage, faisant de l'Algérie le premier partenaire nord-africain de l'UE à adopter ce document, et signeront plusieurs conventions de financement sectorielles. Il s'agit d'une nouvelle impulsion que les deux parties entendent donner au partenariat Algérie-UE, qui traduit en fait la densité et le caractère exemplaire et stratégique des relations bilatérales.

Elle intervient également au moment où la médiation en Libye enregistre quelques frémissements eu égard à l’intensification des efforts des pays du voisinage de la Libye et de la réactivation du Comité de haut niveau de l'UA, mécanismes au sein desquels l'Algérie joue un rôle de premier plan, ce qui explique pleinement qu'elle soit sollicitée et écoutée par ses partenaires européens.

Enfin, cette visite intervient aussi au lendemain de la réunion à Bamako du comité de suivi qui a permis, grâce aux efforts persévérants et méritoires de la médiation internationale conduite par l’Algérie, de remettre sur les rails le processus de paix et de réconciliation au Mali.

S’agissant de la dépêche fielleuse que vous évoquez, elle résume bien la rancœur et la frustration non dissimulées de son auteur et surtout l’angoisse de cercles plus larges de voir l’UE et certains pays membres, se saisir de l’admission du Maroc à l’Union Africaine pour plaider en faveur d’un rôle plus engagé de l’UE pour soutenir de manière plus proactive les efforts en vue de hâter le règlement du conflit du Sahara Occidental. Nos interlocuteurs européens et belges ont effectivement indiqué que l’admission du Maroc au sein de la famille africaine est susceptible d’ouvrir de nouvelles perspectives en ce sens et que l’UE qui ambitionne de jouer un rôle diplomatique global pourrait ne plus se confiner dans une posture passive de simple soutien aux efforts onusiens. Il en sera de même pour les Sommets UE Afrique auxquels la RASD sera appelée à y participer.

C'est loin d'être le cas du positionnement de l'UE concernant la question du Sahara occidental, notamment à la lumière de l'Arrêt de la Cour de justice de l'UE du 21 décembre 2016, ou sa position est pour le moins ambiguë ne pensez-vous pas?

Vous savez, le Service européen de l’action extérieure vient de confirmer, une nouvelle fois, en réponse à une question écrite de l’eurodéputé Marcinelesi, que «Les institutions européennes sont liées par les arrêts de la Cour de justice de l'Union européenne et elles sont dans l'obligation de se conformer aux décisions de la Cour»

Le caractère juridiquement contraignant de cet arrêt, souligné par Nick Wetcott, ManagingDirector au SEAE, devant le parlement européen en date du 9 janvier 2017, est bien là et ce ne sont certainement l’autisme et les vaines bravades de ceux qui excellent dans la méthode Coué qui parviendront à l’occulter.

Lors de nos interactions avec les responsables européens, nous encourageons l'UE à ne pas se détourner d'une application rigoureuse et conforme au droit international de l'arrêt de la Cour de justice de l'UE du 21 décembre 2016, rappelant que ce dernier stipule clairement que l’UE doit tenir compte du statut distinct et séparé du territoire du Sahara occidental dans ses échanges avec le Maroc.

Après la déclaration du Commissaire Canete qui a déclaré que l’UE tiendra dument compte du statut distinct et séparé de du territoire du Sahara occidental, la déclaration conjointe entre Mogherini et Bourita évoque des arrangements et des mesures appropriées à prendre si nécessaire. Comment peut-on interpréter ce ton singulièrement conciliant de l’UE après les menaces de représailles proférées par le Ministre marocain de l’agriculture ?

Il faut relever que le Commissaire Miguel Arias Canete s’est exprimé au nom de la Commission et il n’a fait que rappeler le droit international en partant de l’arrêt de la CJEU. Ce positionnement politique et juridique sera le fondement inévitable des relations entre le Maroc et l’UE chaque fois que le territoire du Sahara occidental sera concerné et ce ne sont pas les propos apaisants de la déclaration conjointe qui changeront quelque chose sur le fond. Il faut d’ailleurs rappeler que le Président de la Commission européenne a réagi, avec véhémence, pour reprouver le ton inacceptable du communiqué du Ministre marocain de l’agriculture qui menaçait ouvertement l’UE, et en particulier un pays européen du sud, de capacités de nuisance notamment en matière de contrôle des flux migratoires. Manifestement, le passage à l’acte n’a guère tardé avec les centaines d'immigrés qui ont forcé ce vendredi la haute barrière entourant l'enclave espagnole de Ceuta.

En fait, La question qui mérite d’être posée est la suivante: Est-ce que la Commission Européenne peut délibérément prendre ses distances par rapport à la justice et à l’état de droit ? 

Sur le plan politique, la mansuétude et la volonté de trouver des arrangements sont plus que perceptibles mais sur le plan juridique et à moins de recourir à des artifices comme le cumul de l’origine ou autres falsifications des certificats d’origine pour maintenir le régime actuel, il est impossible pour les institutions européennes de remettre en cause l’autorité de la chose jugée et ce en dépit du forcing des «équipes techniques» marocaines qui font le siège de la commission. Celles-ci s’échinent et tentent vainement de faire admettre que l’accord agricole est applicable au territoire non autonome du Sahara Occidental.

Comme j’ai eu déjà à le déclarer au journal TSA, l’indulgence singulière affichée à l’égard du Maroc ne doit pas être le prélude à un accommodement qui mettra à mal le respect de l’état de droit tel que consacré par l’article 2 du traité sur l’Union Européenne. Les arrêts de la CJUE ont force exécutoire à compter du jour du prononcé et ni le Conseil, ni la Commission, ni le Parlement Européen ne peuvent revenir sur ses jugements.

Il faut s’attendre à une mobilisation intense au niveau du Parlement européen pour que l’arrêt soit effectivement transposé dans la réalité des rapports que l’UE entretient avec le Maroc notamment en ce qui concerne le champ territorial des accords conclus ou en cours de négociation avec ce pays. L’accord de pêche qui couvre explicitement les eaux du Sahara Occidental dans son champ territorial a fait l’objet d’une saisine de la Cour, et ce sera la prochaine station pour stopper la spoliation des richesses naturelles d’un territoire occupé tant que le consentement du Front Polisario ne sera pas sollicité et obtenu. 

Par ailleurs, on ne peut que se féliciter de la décision des compagnies danoises de cesser leurs activités illégales à partir du Sahara Occidental. Nul ne doute que dans le sillage du retrait des chaines de distributions suisses, ce désengagement danois fera boule de neige et d’autres compagnies européennes envisagent d’ores et déjà de suivre ce mouvement.

Dans une interview accordée au journal marocain, le Desk, le Ministre délégué marocain Nasser Bourita qualifie de "non-sens" la déclaration des représentants du Front Polisario soulignant le fait que siéger à l'UA en présence de la RASD, vaut reconnaissance de son existence. Quel est votre commentaire à ce sujet?

Une attitude professorale et un torrent de sophismes pour fourvoyer et masquer la réalité des faits. Personne n’a évoqué une reconnaissance de jure dont le dernier des collégiens connait les conditions, mais la question concerne la reconnaissance de fait car le Maroc ne peut faire autrement que d’admettre implicitement la présence de la RASD et de reconnaitre que celle-ci lui est opposable.

Dans cette même déclaration amphigourique, le responsable en question évoquait les réalités géopolitiques et la légalité internationale (sic) dans un assemblage plus que surréaliste. De quelle légalité parlons-nous ? Car il y en a une seule et elle consacre, de manière irréfutable, le droit inaliénable du peuple sahraoui à l’autodétermination comme réaffirmé, avec constance, par toutes les résolutions du Conseil de Sécurité et de l’Assemblée Générale de l’ONU.

Par ailleurs, le fait d’assumer crânement que l’objectif du retour du Maroc dans le giron de la famille institutionnelle vise avant tout, à geler la participation de la RASD, voire à l’exclure de l’UA, en dit long sur le degré de sincérité des plaidoyers passionnés sur les vertus de la coopération Sud-Sud, de l’expansion économique solidaire et commune ainsi que des proclamations sur un engagement fédérateur qui serait loin des débats stériles semeurs de divisions.

Il convient de rappeler à cet égard que l'adhésion du Maroc à l'UA n'aurait pu être acceptée sans l'abandon de l'exigence du retrait simultané de la République Sahraouie, membre fondateur de l'UA. En outre, la ratification par le Maroc, sans réserves, de l'acte constitutif de l'UA fait que cet instrument lui oppose de manière irréfutable l'obligation de se conformer au principe de l'intangibilité des frontières héritées du colonialisme. L’interprétation saugrenue de ceux pour qui les réserves formulées par le Maroc en 1963 au moment de la création de l'OUA, restent valables est à côté de la plaque vu qu'il s'agit d'une adhésion et non d’une réintégration à une nouvelle organisation.

Par-delà ces arguments fallacieux, la présence du Maroc au sein de l'UA, aux côtes de la RASD, constitue, comme l’a souligné le Ministre RamtaneLamamra, un changement fondamental de circonstances qu’il faut positiver et à partir duquel il faut ouvrir de nouvelles perspectives, et c'est à cela que l'UE devrait s'atteler prioritairement en appliquant rigoureusement l'arrêt de la Cour de justice de l'UE.

La partie marocaine affirme que la flamme de l’UMA s’est éteinte et que l’idéal maghrébin se trouve trahi…

Le constat amer de la faiblesse de l’intégration dans notre région est un constat triste qui s’impose à tous. Cependant, ce constat est excessif et il ne correspond pas tout à fait à la réalité qui nous impose, au contraire, de fournir davantage d’efforts pour consolider le processus maghrébin sur des bases saines. Pour l’Algérie, qui demeure profondément attachée à l’idéal maghrébin en tant qu’objectif stratégique et aspiration profonde des peuples maghrébins, il faut se poser la bonne question : qui a fait en sorte que cette flamme ne soit pas entretenue ?

Sans rentrer dans le détail, je dois juste rappeler quelques faits historiques: Ce n’est pas l’Algérie qui a gelé officiellement sa participation aux travaux de l’UMA en 1995, ce n’est pas, non plus, le gouvernement algérien qui a déclaré «inopportune» la visite de travail d’un Chef du gouvernement en 2005 et ce n’est certainement pas l’Algérie qui a remis en question le consensus partagé lors du sommet de Zéralda de juin 1988 - qui a servi de plateforme pour le lancement de l’UMA en février 1989 - selon lequel la relation bilatérale et le processus de l’intégration maghrébine doivent être préservés et découplés de la question du Sahara Occidental qui fait l’objet d’un traitement adéquat au sein des Nations unies conformément à la doctrine onusienne de décolonisation.

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